Après environ 16 ans de Camino depuis 2010 – j’écris ces lignes en 2026 – et d’innombrables kilomètres de randonnée au long cours, j’ai à peu près tout essayé pour me protéger de la pluie : vestes imperméables, pantalons de pluie, ponchos classiques, ponchos ultralégers et toutes sortes de solutions intermédiaires.
Ma conclusion ?
Le meilleur poncho pour le Camino ne ressemble finalement presque plus à un poncho.
Il ressemble plutôt à un long manteau de western, avec une capuche et suffisamment de volume dans le dos pour couvrir le sac à dos.
Pourquoi ? C’est assez simple.
A-t-on vraiment besoin d’un poncho ?
Non.
Une veste imperméable fonctionne très bien elle aussi. Mais si l’on veut comparer les poids, autant le faire honnêtement :
Veste imperméable + pantalon de pluie + housse de sac à dos contre poncho.
Tout à coup, les 500 ou 600 grammes d’un bon poncho ne paraissent plus si extravagants.
Et le poncho règle tout le problème en une seule fois : pèlerin au sec, sac au sec, et on continue.
Un bon poncho de ce type se révèle d’ailleurs étonnamment utile en dehors du Camino. Tout simplement parce que ça fonctionne.
La coupe : Le problème du poncho classique
Le poncho traditionnel, c’est au fond un grand rectangle avec un trou pour passer la tête.
Génialement simple.
Jusqu’à ce que le vent se lève.
Et là, le pèlerin se transforme en voilier.
Beaucoup de ponchos classiques s’arrêtent également aux alentours du coude. La polaire dépasse en dessous et, tôt ou tard, elle finit par être mouillée.
Quant à la ventilation, elle est souvent assez théorique. Toute la chaleur et l’humidité sont censées s’échapper par une petite fermeture éclair au niveau du cou.
Bon courage.
C’est pourquoi je préfère un long manteau de pluie à la coupe ample, avec de vraies manches, une capuche et suffisamment de volume dans le dos pour couvrir le sac à dos.
Moins de tissu qui bat au vent, les bras au sec, une vraie liberté de mouvement – et rien que la longue fermeture éclair frontale offre déjà beaucoup plus de possibilités pour régler la ventilation.
Pour moi, c’est clairement la meilleure coupe. Point final.
Le tissu : Combien de pluie doit-il supporter ?
On peut maintenant commencer à comparer les colonnes d’eau et passer sa soirée dans les fiches techniques.
On peut.
Mais ce n’est pas indispensable.
Sur le terrain, une constatation toute simple suffit :
Ultraléger, très robuste et fiable pendant des heures sous une pluie continue : réunir les trois à la fois est difficile.
Les tissus légers modernes peuvent être étonnamment imperméables. Mais l’épaisseur du matériau, l’enduction, la qualité de fabrication et la robustesse comptent toujours. Et tôt ou tard, cela finit généralement par se voir sur la balance.
Un poncho ultraléger en ripstop peut donc être exactement le bon choix si l’on cherche avant tout une protection de secours contre une averse occasionnelle.
Mais si votre philosophie est plutôt cela fait quatre heures qu’il pleut, et alors ? Je continue, un peu plus de matière et de marge face aux intempéries ne sont pas forcément des grammes superflus.
En résumé :
Plus le poncho est léger, plus il faut savoir précisément ce que l’on attend de lui.
La ventilation : Être imperméable ne suffit pas
Car en randonnée, l’eau arrive de deux côtés.
D’en haut, sous forme de pluie.
Et de l’intérieur, sous forme de transpiration et de condensation.
Montez une côte avec un sac sur le dos et votre corps produira beaucoup de chaleur et d’humidité. Si cette humidité ne peut pas s’évacuer, votre poncho aura beau empêcher parfaitement la pluie d’entrer – vous finirez tout de même mouillé dessous.
C’est pourquoi une bonne ventilation est au moins aussi importante que l’imperméabilité.
Une longue fermeture éclair frontale fait déjà une énorme différence. Et des ouvertures zippées sous les bras, c’est encore mieux. On peut souvent les laisser ouvertes même lorsqu’il pleut, ce qui permet d’évacuer une quantité appréciable de chaleur et d’humidité.
La quadrature du cercle version outdoor
Nous avons donc les principaux ingrédients d’un bon poncho pour le Camino :
une coupe pratique, une bonne imperméabilité, une ventilation efficace, de la robustesse – tout en restant aussi léger que possible.
Idéalement, tout cela pèserait 180 grammes.
Bon courage.
Il faut forcément faire un compromis quelque part. Dans la pratique, davantage de protection, davantage de robustesse et davantage de marge sous une pluie prolongée finissent généralement par peser plus lourd.
Deux modèles illustrent très bien ce compromis. Ce ne sont pas les seules bonnes options, mais ils constituent deux excellents points de comparaison :
Altus Atmospheric J30 : environ 300 grammes, coupe longue, manches et volume pour couvrir le sac à dos. Agréablement léger, mais moins ventilé au niveau des bras et donc davantage sujet à la condensation.
Decathlon MT900 : environ 600 grammes, lui aussi avec une coupe longue, des manches et de la place pour le sac, mais avec en plus des ouvertures zippées sous les bras et davantage de marge face au mauvais temps grâce à une construction plus robuste.
Les deux présentent également un avantage extrêmement pratique :
Grâce à leur longue fermeture éclair frontale, on peut les retirer par l’avant tout en les laissant simplement retomber derrière, par-dessus le sac à dos. Ils restent là, s’égouttent tranquillement et attendent la prochaine averse.
Avec un poncho classique, la question finit par se poser : Qu’est-ce que je fais maintenant de ce truc trempé ? Avec une veste imperméable : Il faut enlever le sac – si possible sans le poser directement dans la première flaque.
L’Altus et le MT900, eux, peuvent simplement rester suspendus à l’arrière du sac.
Particulièrement pratique avec la météo typique du Camino :
Pluie. Soleil. Pluie. Soleil. Pluie.
Alors, lequel choisir ?
En réalité, ce n’est pas tout à fait la bonne question.
Car au moment de faire son sac, personne ne sait quel temps il fera en Galice deux semaines plus tard.
Nous prenons donc une décision dans l’incertitude. Comme si souvent dans la vie : nous connaissons le passé, pas l’avenir – et saint Pierre ne répond malheureusement toujours pas sur WhatsApp.
Il n’existe donc pas une seule décision objectivement correcte.
Il existe une décision face au risque.
Vous partez en été et vous vous attendez surtout à du beau temps avec quelques averses occasionnelles ?
Je pourrais alors économiser 300 grammes et choisir l’Altus Atmospheric J30.
Vous partez au printemps, en automne ou en hiver, lorsque les longues périodes de pluie sont plus probables ?
J’accepterais les 300 grammes supplémentaires et choisirais le MT900.
Et si je ne pouvais posséder qu’un seul poncho pour marcher toute l’année ?
MT900.
À retenir : Au fond, c’est assez simple
Les deux ponchos sont de bons choix.
Et surtout, ils reposent tous les deux sur le type de coupe qui, après toutes ces années, me paraît particulièrement adapté au Camino.
Pas le traditionnel rectangle qui flotte au vent, mais plutôt un manteau de western pour pèlerin : long, avec une capuche, des manches suffisamment longues, du volume pour le sac à dos et une longue fermeture éclair frontale.
Sur la coupe de base, pour moi, il n’y a donc plus grand-chose à discuter.
La vraie décision vient ensuite :
De quelle marge face au mauvais temps ai-je besoin – et combien de grammes suis-je prêt à porter pour l’obtenir ?
Altus Atmospheric J30 : environ 300 grammes de moins. Léger et agréable à porter, mais moins ventilé, avec davantage de condensation et moins de marge lorsqu’une simple averse se transforme en journée entière sous la pluie.
Decathlon MT900 : environ 300 grammes de plus. En contrepartie, une meilleure ventilation grâce aux ouvertures sous les bras, une construction plus robuste et davantage de marge pour marcher pendant des heures sous une pluie continue.
Au fond, il n’est pas nécessaire d’en savoir beaucoup plus.
Été, météo plutôt favorable, chaque gramme compte ? Altus.
Printemps, automne, hiver – ou tout simplement aucune envie de laisser la pluie décider de votre journée ? MT900.
Et si je ne sais tout simplement pas à quoi m’attendre ?
Personnellement, je prends les 300 grammes supplémentaires.
Peut-être les porterai-je inutilement pendant 500 kilomètres à travers l’Espagne.
Et ce serait, de très loin, le résultat que je préférerais.